2026-08-31
Le 28 août 2026, International Organization for Media, Creativity, and Development a organisé un séminaire ouvert sur sa plateforme électronique, auquel ont participé de nombreux universitaires et spécialistes de divers domaines, échangeant leurs points de vue et leurs expériences autour de: « La mafia scientifique: Structure de l’influence cachée au sein du secteur académique et de la recherche ».
Cette session a été dirigée par la présidente de l’organisation, Dr. Madeleine Kassab, qui a souligné dans son intervention l’importance d’étudier la relation entre la science et les natures de la psychologie humaine, ainsi que la nécessité d’approfondir la philosophie de la science et les mécanismes de formation de la connaissance dans le contexte des variables psychologiques humaines. Elle estime que faire face à tout dysfonctionnement est lié à l’éthique, que l’éthique est liée à l’élévation, que l’élévation est liée au détachement dans la recherche de la vérité, et que le détachement est lié au « moi » individuel, à ses caractéristiques, et à la possibilité de mobiliser ses capacités positives loin du désir, de l’égoïsme et de l’intérêt personnel.
Voici les principaux axes abordés lors du séminaire:
1- Définition de la « mafia scientifique » comme un réseau fermé et invisible d’influence au sein des institutions académiques et de recherche, contrôlant: le financement, la publication scientifique, les promotions, les prix, et la formation et la consolidation de la « vérité scientifique ». Cette mafia n’est pas une organisation criminelle au sens juridique, mais une alliance non déclarée entre des groupes de chercheurs, des directeurs de laboratoires, des rédacteurs de revues scientifiques et des organismes financeurs, visant à: protéger leurs intérêts, renforcer leur influence académique, exclure les concurrents et contrôler les orientations de la recherche scientifique. Ces réseaux adoptent des mécanismes informels mais efficaces, capables de transformer la science en un domaine d’influence qui ne diffère pas beaucoup de la politique et de l’économie.
2- Mécanismes de la « mafia scientifique »
• Le contrôle de la publication scientifique, qui constitue le cœur du pouvoir scientifique. La mafia le contrôle à travers: les rédacteurs des grandes revues, les comités d’évaluation et les réseaux de citations. Plusieurs enquêtes ont révélé et confirmé l’existence de « cercles fermés » entre les rédacteurs de nombreuses revues scientifiques, où ils favorisent les articles de leurs amis et entravent ceux de leurs concurrents, ce qui a conduit à l’exclusion de nombreux jeunes chercheurs.
• Le monopole du financement scientifique, qui représente la source vitale de toute recherche. La « mafia scientifique » contrôle: les bourses universitaires, le financement gouvernemental, le financement des entreprises et les bourses internationales.
• La fabrication de la célébrité scientifique, où certains scientifiques deviennent des « marques », amplifiés médiatiquement et académiquement, tandis que d’autres sont ignorés malgré la qualité de leurs travaux.
• L’exclusion des voix non désirées. Les chercheurs sont exclus par: le refus de publier leurs travaux, l’empêchement de leurs promotions, la diffamation de leur réputation académique, la privation de financement et l’ignorance de leurs travaux dans les conférences.
3- La « mafia scientifique » dans le monde arabe. Cette mafia prend une forme différente, reposant sur: les relations familiales, les loyautés politiques, les appartenances partisanes ou confessionnelles, l’influence universitaire et le contrôle des comités de promotion. Certaines universités arabes accordent des promotions en fonction du nombre de publications, indépendamment de leur qualité, créant un vaste marché de publication dans des revues prédatrices. Les comités de promotion rejettent également d’excellentes recherches parce qu’elles ne correspondent pas à « l’école du superviseur ». De plus, certains chercheurs sont exclus parce qu’ils n’appartiennent pas aux réseaux d’influence au sein de l’université.
4- La « mafia scientifique » en Europe et aux États-Unis — quelques exemples:
• Les scandales d’évaluation fictive chez Springer et Elsevier. Entre 2012 et 2015, plus de 500 articles scientifiques ont été retirés après la découverte que certains chercheurs avaient créé de fausses identités pour l’évaluation, ce qui a confirmé la fragilité du système de publication scientifique.
• L’affaire « Harvard Chemistry Scandal ». En 2020, le chef du département de chimie de Harvard a été enquêté en raison de relations de financement non déclarées avec des entités étrangères, révélant un réseau d’influence au sein du département qui contrôlait le financement et le recrutement.
• Le monopole de l’intelligence artificielle dans les Big Tech. Des entreprises comme Google, OpenAI et Meta contrôlent: les données, l’infrastructure, les chercheurs et la publication scientifique en intelligence artificielle, imposant un récit scientifique spécifique concernant l’éthique de l’IA.
5- Comment la vérité scientifique est fabriquée. La science n’est pas entièrement neutre; elle est un champ de lutte pour l’influence. La « vérité scientifique » n’est pas toujours produite par la méthode scientifique, mais elle est soumise à de nombreuses variables, notamment: qui détient le financement, qui détient le laboratoire, qui détient la revue, qui détient le réseau de relations, et qui possède la capacité d’exclure les autres.
6- Les effets dangereux de la « mafia scientifique » se manifestent par: le ralentissement de l’innovation, l’exclusion des jeunes talents, l’amplification de recherches non importantes, la création d’une « science officielle » et d’une « science non officielle », la transformation des universités en structures bureaucratiques, la politisation du savoir et la falsification des trajectoires de la recherche scientifique.
7- Les mécanismes de démantèlement de la « mafia scientifique » consistent en: la réforme du système d’évaluation scientifique, la transparence du financement, le soutien aux jeunes chercheurs, la création de plateformes de publication ouvertes, la protection de la liberté de recherche, la surveillance des comités de promotion et le renforcement de l’indépendance des universités.
Conclusion
La « mafia scientifique » n’est pas une fiction, mais une structure réelle d’influence qui s’infiltre dans les institutions académiques à l’échelle mondiale. La comprendre et saisir ses mécanismes constitue la première étape pour libérer la science du monopole et la ramener à son essence: la recherche de la vérité, et non la recherche du pouvoir et de l’influence.